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A comme Adolescent

Période souvent aux souvenirs très ambivalents, chose compréhensible : il se joue tellement de bouleversements à ce moment de la vie.

Il faut imaginer nos petits devenant grands, traversant un tunnel au bout duquel se trouve l’autonomie, les responsabilités mais aussi l’apprentissage de son identité en dehors de la sphère familiale et de ses parents.

Les enfants se construisent pendant des années au travers des règles fixées par les parents, parfois subies et souvent si rassurantes ! Puis un jour, le désir de s’en détacher émerge, un esprit plus critique apparait pour essayer d’y mettre un sens, son sens. Ce processus s’effectue dans un va-et- vient qui s’opère entre l’extérieur, les amis et la famille. Parfois très déroutant pour les parents qui voient ce petit être grandir et se tourner vers de nouvelles envies, emprunt de liberté, d’indépendance avec une insouciance inquiétante !!!

Le plus déstabilisant est peut-être cette demande contradictoire d’un adolescent qui demande plus d’espace, plus de liberté et en même temps, il a besoin de s’assurer que le lien d’amour qui le lie à sa famille est indéfectible. Cela peut donner la sensation de ne jamais bien faire car le conflit est un bon moyen de vérifier que nous sommes soucieux d’eux et de ce qu’ils font. Lorsqu’ils vont trop loin, qu’ils testent les limites, ils ont besoin qu’on se rappelle à eux. Ils ont besoin d’autant d’espaces de liberté que de notre présence. Pas facile de s’y retrouver !

Eviter les conflits ? Les périodes difficiles ?

Eviter les conflits ? Les périodes difficiles ?

Une envie si chère, à nous parents, qui aimerions garder une bonne ambiance sous nos toits. Mais est-ce possible ? ou même de façon provocante, est-ce souhaitable ? L’enfant, pour se séparer, a besoin de transformer l’idéal familial qu’il s’est construit petit en quelques chose de « ringard », de « has been ». Ce n’est qu’en éprouvant cette sensation qu’il pourra aller vers un ailleurs, construire son espace, imaginer vivre ailleurs. Tout ça s’effectue, bien sûr, de manière inconsciente et par phase, par étape ! L’arrivée au collège puis le lycée, le groupe d’amis, le baccalauréat, le premier amour, le logement étudiant, la première machine à laver… tout cela représente des étapes de séparation moins anodines qu’il n’y parait !

Faites leur confiance

Même si notre envie première serait de les protéger de toute expérience négative, ce n’est pas faisable ni même enviable. Les moments de tristesse, d’ennui, de vague à l’âme sont des moments qui les motivent ensuite pour mieux se construire, trouver qui ils sont. Voir notre enfant face à son adolescence nous rappelle forcément la notre, ces moments que nous aurions aimé éviter. S’ils ne sont pas des souvenirs heureux, ils nous ont aidés, forgés et c’est en les dépassant que nous avons ensuite trouvé la force d’être l’adulte que nous sommes maintenant !

Il faut être présent, rappeler les règles de sécurité élémentaires auprès de nos enfants, mais les laisser faire leurs propres expériences heureuses ou malheureuses. Nous pouvons nous permettre de donner notre point de vue en tant que parents sans l’imposer ce qui accompagnera son cheminement et qui aura d’autant plus de valeur pour lui !

Faites vous confiance

Faites vous confiance

Ce n’est pas parce que parfois émerge la sensation de ne plus reconnaitre votre petit ado en puissance qu’il est devenu si différent !

Quand ce dernier aura besoin, vous le saurez.  Il reste votre enfant, et vous reconnaitrez les petits signes d’alerte. Lorsqu’une inquiétude importante émerge au fond de vous, faites-lui en part. Privilégiez pour cela un moment de partage, neutre, en dehors de tout espace de conflit. Une après midi shopping qui se finit autour d’un chocolat chaud, une pizza après un cinéma, un petit temps privilégié qui comptera pour lui et votre relation même s’il ne saura pas forcément le reconnaitre !

Pour finir, un thème si récurent face à un ado : le portable ou autre écran numérique !!!

Il est, à mon avis, indispensable de soutenir des espaces de déconnexion notamment le soir avec un « horaire de couvre-feu » ou à table. Ceci est plus facile à défendre si la totalité des membres de la famille se soumet à cette règle...

Cet article a été rédigé par le Dr Violaine Piot Gloria, psychiatre spécialisée dans le comportement adolescent.

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